Peter et Max de Steve Leialoha et Bill Willingham

Publié le par librairie glenat

Les personnages de contes de fée existent vraiment. Chassés de leurs royaumes par un mystérieux adversaire, nombre d’entre eux ont été contraints à l’exil sur notre monde, celui des communs, où ils s’efforcent de cacher leur vraie nature tout en s’occupant de leur communauté, Fableville. Actuellement, ils vivent à New York.

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Peter et Max

De Steve Leialoha et Bill Willingham

Traduit par Maxime LE DAIN

Illustration de couverture : Daniel DOS SANTOS

Éditions Bragelonne

 

Tel est le pitch particulièrement alléchant de la série Fables, lancée en 2003 sous le label Vertigo Comics par le scénariste Bill Willingham. A ce jour, près de soixante épisodes ont été publiés en France par Panini et force est de constater que l’intérêt ne faiblit pas. Suivre les aventures de Blanche Neige et du grand méchant loup, du Prince Charmant et de la Belle et la Bête s’avère passionnant, et on se régale des interactions entre des personnages issus de contes qui n’avaient à priori pas vocation à être confrontés.

 

Peter et Max, publié par Bragelonne,  est un roman qui s’intègre dans cet univers particulièrement riche et novateur. Mais qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas là d’un épisode de plus destiné aux fans assidus de la série car s’inscrivant dans une continuité de plus en plus étoffée, mais bien d’une histoire indépendante, à même de contenter tout lecteur avide d’originalité et de maîtrise. Même si le connaisseur s’amusera à retrouver des personnages qu’il affectionne, le nouveau venu sera guidé avec beaucoup d’aisance dans ce monde étranger, au point qu’il ne lui faudra sans doute que quelques pages pour être lui aussi conquis par cet univers réjouissant.

 

Ce qui ne gâche rien, c’est que c’est bien écrit. Le style est tellement fluide que les pages s’avalent sans s’en rendre compte (je l’ai lu en une journée tellement il était impossible de m’en défaire !). Quoique la construction de l’intrigue soit résolument contemporaine, le ton s’inspire de celui des contes de notre jeunesse et de certains accents feuilletonnesque du XIXème siècle. Et le mélange fonctionne ! On est subjugué par les histoires de ces deux frères, Peter et Max ; on est tenu en haleine par des chapitres enlevés qui bondissent entre le présent de l’exil dans notre monde, et le passé des contes où leur véritable histoire va nous être révélée, celle qui a généré le triste conte allemand du joueur de flûte de Hamelin, transcrite par les frères Grimm.

Car à l’origine, les contes ne finissaient pas tous bien ; ils recélaient une part de cruauté. Et dès le début, le lecteur est pris à la gorge par une sourde angoisse, qui ne fera que grandir à mesure que Peter avancera avec résignation vers un destin sans espoir possible. La faute à ces quelques mots, prononcés comme une sentence,  qui sonnent comme un funeste avertissement :

Max est de retour !

 

Manu

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