Fairy Quest

Publié le par librairie glenat

Tout le monde connaît les contes de Grimm. Tout le monde connaît leurs adaptations cinématographiques, tout le monde a entendu un jour quelqu'un lire une de ces histoires. Pour ceux qui aimeraient une touche d'originalité, un soupçon de vent de folie sur des histoires bien établies, Paul Jenkins a imaginé Fairy Quest

 

fairy-quest.jpgFairy Quest tome 1, Les Hors-la-loi

Par Paul Jenkins, Humberto Ramos et Leonardo Olea

Publié aux éditions Glénat, en Mai 2012

 

 

Dans le Bois-aux-contes, tous les personnages de contes jouent et rejouent inlassablement leur histoire. La mère-grand est chaque fois dévorée par le loup, la sorcière systématiquement jetée dans le four par Hansel et Gretel, avant que chacun ne reprenne sa place au début du récit. Tout ceci advient sous le regard du tyrannique Grimm, qui, aidé par sa police de l'opinion et leur effroyable vide-tête, s'assure que personne ne varie, que chacun joue son rôle à la perfection. Mais certains se lassent, et ne veulent plus suivre le scénario à la lettre. Le Petit Chaperon Rouge a lié amitié avec le Grand Méchant Loup, qui n'est pas si méchant que ça. Mais rien n'échappe longtemps à Grimm et ses sbires, et la menace du vide-tête pourrait bien devenir réalité.

 

La grande force du scénario de Paul Jenkins, c'est de proposer un univers connu de tous, dont on pense qu'il a toujours été ainsi, un univers qu'il chamboule par cette simple introduction du libre-arbitre chez les personnages. D'une certaine façon, nous avons ici un 1984 au pays des fables. Il y a donc des réunions de conspirateur, une police politique, et un dictateur implacable. Des éléments que l'on n'aurait jamais envisagés dans un tel cadre, et qui pourtant, fonctionnent parfaitement. Il n'y a qu'à se laisser porter, pour adhérer pleinement au contexte proposé et à cette première aventure. Chaperon, avec sa candeur et sa détermination, fait un personnage principal fantastique. Elle représente l'esprit de transgression de la jeunesse, l'audace. Associée au loup, symbole de force et de protection aimante, il y a deux modèles de société, presque, qui sont mis en opposition. Mais comme ça, mine de rien, sans y paraître. Les américains avaient déjà entrepris de détricoter les contes, via la série Fables, écrite par Bill Willingham. Mais celle-ci se veut plus adulte, plus mature. Le dessin, les scénarios, n'expriment aucune innocence. C'est une vision désabusée de ces personnages. Jenkins parvient à écrire une histoire enlevée, drôle, généreuse, et qui se paye le luxe d'avoir du sens, du fond.


Cette dynamique propre à Fairy Quest, vient aussi largement du travail du dessinateur. Humberto Ramos, auteur mexicain passé par de nombreux grands personnages, et rapidement devenu auteur de ses propres univers, commence à réellement être apprécié en France. Il faut dire qu'il possède un style graphique qui rejoint les trois grands genre de la bande dessinée, comic-book, manga et franco-belge. Une subtile alchimie, qui le verrait prendre le meilleur de chacun, dans une création personnelle pleine de vie. Superbement mis en couleur par Leonardo Olea, le dessin de Ramos possède une vie et une énergie que l'on retrouve rarement. Il nous emporte, et l'association avec le scénario de Paul Jenkins se révèle parfaite. Ces deux là se connaissent et travaillent ensemble depuis longtemps.

 

Fairy Quest est une série familiale, dans le bon sens du terme. Les jeunes adolescents s'attacheront aux personnages, au rythme soutenu et aux dessins pêchus, les adultes pourront en plus apprécier la richesse du fond proposé, et son fort potentiel pour l'avenir. Jenkins, Ramos et Olea proposent là un album accessible de 7 à 77 ans, une histoire intelligente et accessible à tous. Pourquoi s'en détourner?

 

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Retrouvez les chroniques de Yaneck ici :

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Commenter cet article

Manu 23/06/2012 19:32


Ah tiens, bonne idée, ça !

Manu 23/06/2012 16:48


Tiens, on a pile 10 ans d'écart, jeune homme.

librairie glenat 23/06/2012 18:53



Tu vas pouvoir l'appeler "Hey, petit !", ou "Hey, le jeunot"... 



Yaneck Chareyre 23/06/2012 10:21


Mon année de naissance. Ne serais-je pas un peu mégalo?

librairie glenat 23/06/2012 13:10



Tu aruais du t'en duter lorsque tu as commencer à faire des plans de domination du monde. J'dis ça...


 


Benj



Manu 23/06/2012 10:15


1982...

Yaneck Chareyre 23/06/2012 09:54


Qu'avais-je écrit?

librairie glenat 23/06/2012 13:09



Rhaaa, la mémoire te joue des tours...


Benj