Asterios Polyp de Mazzucchelli

Publié le par librairie glenat

Asterios Polyp est un architecte de papier. Architecte de papier car aucune de ses "créations" n'est sortie de terre. En revanche ses thèses et ses articles font de lui un architecte réputé. Mais sa vie ne va pas au mieux et lorsque la foudre tombe sur son immeuble et y met le feu, il n'a le temps que d'emporter quelques menues affaires. Est-ce l'occasion d'un nouveau départ ?

 Asterios Polyp

Astérios Polyp

Un album de David Mazzucchelli

Éditions Casterman

 

David Mazzucchelli est attendu un tournant. Depuis quelques temps on parle de cet Asterios Polyp, on l'annonce, on l'espère... Et lorsqu'il arrive, pfffiou, c'est intimidant. Ce pavé de près de 400 pages, avec une couverture aux couleurs... surprenantes n'est pas d'un accès facile. En feuilletant rapidement l'album, l'impression est encore renforcé, on est loin, très loin des canons de la BD franco belge et même du roman graphique américain. Alors, on respire un grand coup, en se disant qu'on essaie sur quelques pages pour voir ce que cela donne, un peu par curiosité, un peu par devoir, et là, il se produit quelque chose d'étrange. Une heure et demie est passée, et l'on referme l'ouvrage un petit peu éberlué.

 

 Un coup de baguette magique

 

  La magie opère avec une rapidité incroyable. D'un graphisme qui parait de prime abord plutôt abscon, l'ouvrage se révèle limpide, et ce malgré le côté très complexe de certaines planches. Une des première sensation que m'a laissé cet Asterios Polyp est musicale. J'ai pensé à l'oeuvre de George Gerschwin Rhapsody In Blue (pourquoi ? aucune idée...) que j'ai eu en tête au bout de quelques pages et ne m'a jamais quitté pendant toute la lecture.

  Astérios Polyp est construit selon deux trames principales, le présent et des flashblacks retraçant la vie de ce quinquangénaire qui semble avoir réussi sa vie... Cette double trame permet d'aller au coeur de la vie de cet homme, de comprendre sa façon de penser, comment sa vie s'est construite, on observe Asterios comme si nous étions nous même architecte. Sensation très étrange.  Cet album est vraiment un voyage dans la vie et l'inconscient d'un personnage. Ce voyage est étrange, fascinant et totalement prenant.

Les trouvailles graphiques sont très fortes et aucune n'est le fruit du hasard. Chacune semble avoir une signification et fait appel à la mémoire collective, à une utilisation très poussée des symbôles (graphiques, mathématiques, conceptuels...) .

En synthèse, on peut dire que Mazzucchelli pousse au maximum les possibilités tant graphiques que narratives de la bande dessinée. Dans le prolongement des travaux de Chris Ware, Winschluss, peut-être un cran au dessus de ceux là.

  Il est difficile d'analyser succintement un ouvrage aussi complexe, alors, je ne me permettrais qu'un conseil, cedez à la curiosité et lisez cet album !

 

Benjamin

Publié dans Nos Chroniques

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Yaneck 13/11/2010 11:54



Enfin, j'ai réussi à venir à bout de la chronique de cet album.


Pour me rendre compte que je partage TOTALEMENT ton avis, surtout sur ton rapport à l'album "objet". On s'en parle cette aprem quand je le ramène.



librairie glenat 13/11/2010 18:26



Content que cela t'ai plu !


J'ai hâte de lire ta chronique.


Benjamin